samedi 14 avril 2007

Ségolène Royal évoque le 1er tour

"Je ne me laisse pas ballotter au gré des réactions des uns ou des autres. La campagne doit se dérouler. Je veux tracer ma ligne, continuer à m'adresser en liaison directe avec les Français".

"Il n'y aura de ma part aucune tractation ou aucune manœuvre dans le dos des électeurs. Je suis la candidate de la clarté et la candidate qui peut permettre aux Français de faire un choix clair".

Elle appelle de ses vœux "une confrontation claire entre la brutalité d'un côté et la France du respect de l'autre".

"C'est pourquoi j'appelle à un vote conscient et deuxièmement j'appelle à une forte mobilisation des électeurs dès le premier tour. Toute la gauche doit se mobiliser dès le premier tour mais aussi tous les électeurs républicains et humanistes vu ce que l'on entend en ce moment".

Elle précise que son appel s'adresse à cinq catégories d'électeurs. "Ceux qui pensent que les valeurs humaines valent plus que les valeurs boursières doivent se rassembler sur mon nom dès le premier tour" ainsi que "ceux qui pensent qu'il faut réformer sans brutaliser et sans blesser les autres qu'il est temps de réconcilier les solidarités, la responsabilité individuelle et l'efficacité économique ceux qui pensent qu'il est urgent de remplacer la loi du plus fort par loi du plus juste".

"Enfin tous ceux qui estiment que l'ordre juste doit enfin remplacer les désordres injustes dont la France souffre aujourd'hui doivent se rassembler sur mon nom dès le premier tour".

"Je fais confiance aux électeurs. Cela ne sert à rien de faire pression sur eux".

Ségolène Royal s'adresse à tous les électeurs.

"Il faut éviter à la France une droite encore plus dure, lorsque l'on voit les déclarations du candidat de l'UMP, beaucoup plus dur pour les faibles et beauccoup plus généreux pour les forts", déclare la candidate socialiste devant 400 à 500 personnes à la mairie de Belfort, après avoir visité le site d'Alstom.

"La voulez-vous cette France plus juste, plus calme? Voulez-vous le retour à la paix civile?", demande-t-elle, accusant la droite au pouvoir de "distiller les rancoeurs, les haines de toutes sortes".

Elle attend "un sursaut" de la gauche et demande "à tous les citoyens de gauche, à tous ceux qui hésitent mais qui savent ce que la droite recèle de brutalité, de violence, de guerre civile même, puisque rien n'est réglé dans les cités et les banlieues". "Tout cela est contraire aux valeurs républicaines fondamentales".

Ségolène Royal estime avoir affaire à "une droite dure, qui ne dit pas la vérité, cache ses véritables intentions". Il ne faut " pas oublier" que le candidat de l'UMP "est le candidat sortant".

"Il faut que, dès le premier tour, le 22 avril, se mobilisent tous les hommes et toutes les femmes qui veulent que la France se relève, pour que le 22 avril ne ressemble pas à un certain 21 avril". Elle souhaite recueillir "le plus gros score possible".

Ségolène Royal invite les électeurs à se rendre massivement aux urnes. "J'appelle à la lutte contre l'abstention. Ne vous abstenez pas! Tous ceux qui sont inscrits sur les listes doivent voter. Venez voter en toute liberté, mais votez!"

vendredi 13 avril 2007

Les 10 jours pour la victoire(pour voir les 7 piliers cliquez ici)




Ségolène Royal demande à la France de réagir à la situation au Darfour

"Personne ne pourra dire: « on ne savait pas ». Personne ne pourra dire: « on n'a pas vu venir, on a été pris au dépourvu ». Il est temps qu'une voix s'élève pour briser le silence, ce silence d'indifférence et de honte et cette voix, je veux que ce soit la nôtre", estime Ségolène Royal s'indignant des "250.000 morts et plus de deux millions et demi de réfugiés et de personnes déplacées" au Darfour, "des souffrances sans nom, sans nombre".

"Je demande solennellement au président de la République d'élever plus fortement la voix de la France pour peser sur les décisions, pour obtenir des corridors humanitaires pour permettre d'accéder aux populations en détresse. Je demande, et je plaide, pour la protection des personnes déplacées et pour la lutte contre l'impunité".

"La France de la liberté, de l'égalité, de la fraternité ne peut pas se taire plus longtemps par rapport à ce drame! Elle doit intervenir. Quand j'entends le porte-parole de l'Elysée dire que la France travaille à d'éventuelles nouvelles mesures, alors je le dis, cela n'est pas suffisant. Il faut accélérer les choses".

A cet égard, elle a "salué au nom de la France la récente décision de la Cour pénale internationale de lancer ses premières inculpations contre les responsables des actes de barbarie au Darfour". "Il y a là en effet une situation qui heurte la conscience universelle et la France doit être au premier rang, la France de la Révolution française".

Ségolène Royal en réunion publique à Besançon

"Lorsqu'on est candidat à la plus haute fonction de l'Etat, je crois qu'il y a un minimum de pudeur, de morale, d'exigence de vérité, de crédibilité. Comment peut-il être crédible demain en promettant tout le contraire de ce qu'il a fait ?".

Ségolène Royal rappelle que Nicolas Sarkozy, a "promis des choses invraisemblables" aux salariés d'Airbus qu'il a rencontrés le même jour à Toulouse. " M. Forgeard est parti avec la caisse: il leur a dit qu'il n'était pas d'accord , que tous les emplois seront maintenus. Mais qui était au pouvoir lorsque M. Forgeard a été nommé ? C'est M. Sarkozy ! Qui était au pouvoir quand le gouvernement actionnaire l'a autorisé à partir avec une cassette de huit millions d'euros? C'est M. Sarkozy ! Qui a osé nous répondre que l'Etat ne pouvait rien faire quand le plan de suppressions d'emplois a été connu ? Qui a autorisé en tant qu'actionnaire le plan Power 8?"

Elle estime que la méthode du candidat de l’UMP est "une méthode faite de brutalité, de mensonge, de ruptures, de fractures", lui opposant "la force sereine d'un changement efficace". Nicolas Sarkozy, représente "un Etat soumis au Medef, aux groupes financiers". "Moi, je veux être garante d'un Etat impartial qui diminuera son train de vie et garantira le pluralisme des médias".

Ségolène Royal dénonce "cette insupportable théorie où on va débusquer le gène de la pédophilie ou de la délinquance. Les pédophiles doivent se voir reconnaître leur responsabilité. Ils ne sont pas malades, ils sont des prédateurs d'enfants. Donc, ils doivent être poursuivis et condamnés en tant que tels".

Elle revient sur son "contrat première chance" pour les jeunes non qualifiés, l'appelant, "contrat nouvelle chance". Ce contrat, "nous le ferons". Dans une ville rendue célèbre par le conflit des horlogers de Lip il y a bientôt trente ans, elle rend hommage aux ouvriers qui "ont défendu leur outil de travail avec acharnement, avec audace" en continuant de travailler et de produire en occupant leur usine.

Pour rééquilibrer les rapports Nord-Sud et "réformer profondément l'aide au développement", Ségolène Royal prône "l'instauration d'une taxe sur les opérations financières".

Ségolène Royal défend la place des parents d'élèves dans l'école.

"La communauté éducative, une école qui marche, s'appuie sur trois piliers: les élèves, les enseignants, et bien sûr les parents d'élèves", déclare Ségolène Royal lors d'une réunion publique.

"Chaque fois que j'ai vu des élèves en difficulté s'en sortir, c'est parce que leurs parents étaient présents. C'est quand il y a un dialogue entre parents, professeurs et élèves en difficulté que ces élèves peuvent s'en sortir".

Lors d'une rencontre vendredi à la Mutualité sur le thème "femmes et égalité des chances", Nicolas Sarkozy a déclaré qu'il n'acceptait pas "que les parents soient considérés comme des membres parmi d'autres de la communauté éducative".

"Je ferai abroger par le Parlement cette disposition de la loi Jospin de 1989 (l'article 11 qui crée la « communauté éducative » et donne une place aux parents, ndlr), qui a mis en oeuvre une vision tellement dogmatique et idéologique de l'école", a-t-il ajouté.

La fin programmée des parents à l’Ecole

Paris, le 11 avril 2007


COMMUNIQUE DE PRESSE


La fin programmée des parents à l’Ecole

Lors d'un discours électoral le 6 avril, Nicolas Sarkozy propose de retirer les parents de la communauté éducative. Le candidat affirme qu’il fera abroger cette disposition présente dans la loi de 1989.

La FCPE se demande si le candidat a mesuré les conséquences d'une telle proposition. En voulant abroger cet article, Nicolas Sarkozy souhaite programmer la fin de la participation des parents d'élèves au fonctionnement des écoles et des établissements scolaires ainsi qu’aux instances académiques et nationales.

Pour le candidat, les parents devraient à la fois se soumettre à l’école puisqu’ils auraient "le devoir" de répondre aux convocations des enseignants et des chefs d’établissement, mais aussi soumettre l’école puisqu’ils auraient le droit « de connaître les performances de l’établissement », et de « retirer [leur] enfant d’une école dont le niveau ne permet pas de lui garantir un avenir ».

La FCPE dénonce la mise en concurrence des établissements, et des enseignants entre eux. Cette approche libérale signifie l’éclatement du service public d’éducation.

Qui Nicolas Sarkozy souhaite-il flatter à quelques jours du premier tour de l’élection présidentielle?
Les enseignants nostalgiques d’un ordre ancien, dont il prétend protéger "le droit à être respectés ", en les soumettant à la pression de l’évaluation de leur performance par les parents d'élèves ?
Ou bien les parents, dont il "n’accepte pas qu'ils soient considérés comme des membres parmi d’autres de la communauté éducative", en leur retirant la possibilité de participer à la vie de l'école ou de l'établissement de leurs enfants ?

La FCPE demande que l’on arrête de prendre les parents d’élèves pour des nigauds en prétendant que leurs droits seront renforcés si on leur donne la possibilité de choisir l'établissement de leur enfant.

Cela, n’est pas "rendre l’Ecole aux familles", comme le propose le candidat dans sa réponse aux questions de la FCPE, c’est diviser les parents et les enseignants. Pour la FCPE, parents d'élèves et équipe éducative sont des co-éducateurs investis dans un même projet: la réussite des enfants.

Faire sortir les parents d'élèves de la communauté éducative ne ferait pas d'eux les premiers éducateurs de leurs enfants mais les premiers consommateurs d’école.

La FCPE rappelle aux candidats et candidates que les parents d’élèves sont citoyens et représentent 16 millions d’électeurs. Ils auront à se prononcer sur l’avenir du service public d’éducation et sur celui de leurs enfants. Ils entendent être respectés au sein de la communauté éducative comme c’est leur combat depuis plus d’un demi siècle.

La FCPE réclame un véritable débat sur l’éducation.

jeudi 12 avril 2007

Point presse du 12 Avril

Réactions au meeting de Metz

Ségolène en meeting à Metz

« Oui, je reviens dans mon pays de Lorraine, et je suis ce soir particulièrement émue. Demain, je serai dans mon village, à Chamagne, où j’ai passé mon enfance et toute mon adolescence, mon collège à Charmes, dans ce chef-lieu de canton, Épinal pour le lycée, Nancy pour l’université. Bref, c’est pour cela que je vous appelle mes frères et mes sœurs car, sans vous, sans la Lorraine, je ne serais pas devant vous ce soir.»

Elle développe devant des milliers de personnes sa vision de la France : « La France présidente, c’est ma façon de dire aux Français : oui, vous allez devoir choisir, je l’ai dit tout à l’heure, entre d’un côté la France des clans, celle des puissances de l’argent, du cac 40 et du MEDEF, celle de l’État confisqué par un seul parti, l’UMP, la France des divisions et des oppositions exacerbées qui nous dressent les uns contre les autres, ceux qui ont un emploi et ceux qui n’en ont pas, ceux qui peuvent payer des retraites par capitalisation et ceux qui ne le pourront pas, ceux qui auront les moyens de se soigner et ceux qui ne les auront pas, ceux qui peuvent choisir l’école de leurs enfants et ceux qui n’y songent même pas, celle qui oppose les immigrés d’hier contre ceux d’aujourd’hui, et la liste serait sans fin. Mais ces oppositions-là, c’est une France qui ne marche pas, et c’est une France qui, tôt ou tard, explosera. »

« La France présidente, c’est la France du pouvoir d’achat défendu et celle qui lutte contre les abus bancaires, contre ces surtarifications bancaires insupportables et qui plongent les familles dans l’endettement. Oui, ces tarifications seront contrôlées. Oui, nous protégerons les familles contre le surendettement et contre l’endettement. Oui, nous mettrons fin à ces abus qui font qu’aujourd’hui, les banques font leurs bénéfices sur le dos des plus fragiles et des plus modestes. »

« La France présidente, c’est aussi celle qui investit dans la formation et dans la qualification et dans la matière grise à tous les âges de la vie. C’est celle qui tiendra pour chacun la promesse de l’égalité scolaire, je l’ai dit tout à l’heure. La France présidente prendra tous les moyens de remettre l’école au cœur de tout et en avant de tout, car l’école est le cœur battant de la République. »

« La France présidente apportera aux enseignants la reconnaissance du pays et les moyens d’accomplir leur mission, et la reconnaissance du respect qui leur est due. »

« La France présidente saura pousser chaque élève, depuis la maternelle jusqu’au baccalauréat ou jusqu’à la formation professionnelle, à donner le meilleur de lui-même, à ne pas restreindre ses ambitions, et fera en sorte qu’à chaque étape, le soutien personnalisé dont un enfant et un adolescent a besoin lui soit donné gratuitement, et cela dès la prochaine rentrée scolaire. C’est le soutien scolaire individualisé. »

« La France présidente, c’est celle qui prend le parti pris de répondre à la crise du logement, avec le bouclier logement inclus dans le projet, dans le pacte présidentiel que je vous propose. C’est celle qui sécurise les locataires en créant le service public de la caution, c’est celle qui est capable de tenir sa parole et de construire les 120 000 logements sociaux par an et de les répartir harmonieusement sur l’ensemble du territoire. C’est celle qui lutte contre la spéculation foncière et immobilière qui empêche aujourd’hui de plus en plus de familles de se loger dignement. »

« Et puis la France présidente, c’est celle qui va s’engager et qui va engager l’Europe avec elle dans la lutte contre le réchauffement climatique et pour la protection de la planète. »

« Je suis venue vous parler tout simplement, tout grandement de la France, de celle que nous voulons bâtir ensemble. Je compte maintenant sur chacun et sur chacune d’entre vous, dans cette assemblée chaleureuse, pour faire comprendre à votre tour l’enjeu dont il s’agit : le choix qui s’offre aux Français. »

« On nous dit qu’il y a encore plus de 18 millions d’électeurs indécis. Je respecte cette indécision. Je crois que les Français ont compris que ce choix était très important, qu’une page de l’histoire allait s’écrire, que ce choix allait engager la France pas seulement pour les cinq années qui viennent, mais sans doute, vous l’avez compris, avec la profondeur et la divergence des valeurs et des visions, vous l’avez compris sans doute, pour une génération. »

« Alors je compte sur chacun et sur chacune d’entre vous. Allez convaincre les citoyens un par un, avec ce projet, avec cette explication, avec ce choix, avec ces enjeux, avec cette bataille, projets contre projets, idées contre idées, valeurs de construction contre valeurs de destruction. Allez faire connaître ces nouvelles règles que je vous propose, cet idéal que je veux construire avec vous. »

Communiqué de Ségolène Royal

Les propos du candidat de l’UMP concernant l’origine génétique de la pédophilie et du suicide des jeunes ont suscité l’indignation des scientifiques et des autorités morales. Les généticiens ont rappelé avec force que le gène n’induit pas les comportements et que la prédiction du social par le biologique avait, dans l’histoire de l’humanité, toujours conduit aux pires dérives.

Affirmer que le crime pédophile et le désespoir adolescent seraient inscrits dès la naissance dans le code génétique des individus est un non-sens scientifique. Ce déterminisme simpliste aboutit à considèrer que la famille, l’école, le milieu environnant, la société ne jouent aucun rôle puisque tout est écrit d’avance. A quoi bon l’éducation, à quoi bon la prévention si les individus n’ont pas d’histoire et aucune possibilité de s’améliorer ? Cette conception réduit la personne humaine à une pseudo-prédestination génétique. Elle anéantit par avance toute responsabilité individuelle et toute responsabilité collective.

Déjà, dans le cadre de la préparation de sa loi sur « la prévention de la délinquance », le Ministre de l’Intérieur s’était inspiré des rapports controversés remis en 2005 par l’INSERM puis par M. Benisti, député UMP, qui préconisaient une détection précoce (à trois ans !) de troubles du comportement censés conduire certains bambins sur le chemin des pires déviances.

A l’époque, de nombreux médecins – pédiatres, psychiatres, épidémiologistes… - avaient mis en garde contre les dangers de cette approche déterministe. En février dernier, le Comité national d’éthique a fermement condamné cette confusion entre prévention et prédiction.

Notre conception de la société est à l’inverse de cette brutalité qui assigne à chacun, dès la naissance, un destin tracé d’avance.

Nous croyons, nous, qu’aucune fatalité ne scelle irrémédiablement le sort d’un enfant ou d’un jeune. Nous croyons, nous, qu’on n’a pas le droit de réduire la souffrance psychique d’un adolescent tenté de se donner la mort à un désordre génétique qui dispense de l’entendre. Nous croyons, nous, que le crime pédophile doit être poursuivi sans faiblesse et l’enfant protégé de cette destruction. Mais l’efficacité, en ces domaines, suppose de ne pas confondre la biographie avec la biologie.

La défense des droits de l’enfant et la protection de la jeunesse contre les violences ont tout à perdre du retour des théories néo-conservatrices qui assignent chacun à la fatalité génétique.

C’est aussi cela l’enjeu de cette élection présidentielle où les Français ont à choisir entre deux visions de la jeunesse et deux projets de société.

Ségolène Royal